Ma chaîne YouTube souffle sa première bougie, et j’ai appris plein de choses sur l’activité de YouTubeur
Il y a tout juste un an, je me lançais dans une sorte de nouvelle aventure : la création d’une chaîne YouTube. Une chaîne sur la thématique de la voiture électrique, évidemment.
L’idée était (et est toujours) de vulgariser le sujet auprès d’un public qui n’est pas forcément expert et qui se pose des questions, soit par curiosité, soit dans une optique d’achat, et donc de transition du thermique vers l’électrique. Ce qui n’est pas une décision neutre, ni forcément très facile à prendre.
Un sujet perçu par beaucoup comme encore assez nébuleux, sentiment il est vrai amplifié par le flux régulier de fake news distillées sur certains médias et sur les réseaux sociaux. Des fausses informations la plupart du temps entretenues par des gens n’ayant jamais posé leurs fesses dans une électrique, et ignorant à peu près tout du sujet.
Bref…
Je me suis donc appliqué, avec mes moyens, mes connaissances et mon expérience personnelle en tant qu’électromobiliste depuis 7 ans et analyste pour Automobile Propre, à essayer d’aider mon audience à mieux comprendre le sujet, ses enjeux, et faire le tri entre le vrai et le faux.

Le format est celui du vlog face caméra, un type de vidéo auquel j’étais déjà habitué dans ma vie précédente avec Presse-citron puisque je publiais à l’époque une vidéo éditoriale/analyse par semaine sur Facebook Live (et oui je suis un boomer).
La ligne éditoriale est celle de l’analyse et du debunk d’idées reçues et de fake news, dans un format d’une durée autour de 10 minutes. Je ne fais pas (ou peu) d’essais car d’autres YouTubeurs beaucoup plus connus que moi et fortement talentueux occupent déjà ce créneau, y compris chez Automobile Propre. Ma valeur ajoutée serait alors égale à zéro dans cette discipline, qui en outre est extrêmement chronophage (en gros c’est un job à plein temps).
Après cette première année dans mes nouveaux habits de (modeste) YouTubeur, j’avais envie de partager avec vous ce retour d’expérience de quelque chose de nouveau pour moi.
Tout d’abord, il faut savoir que la chaîne n’était pas entièrement nouvelle, puisqu’elle existe depuis juillet 2018. Mais il n’y avait pas grand chose, et elle affichait fièrement… une cinquantaine d’abonnés, un plafond que je n’aurais jamais pensé dépasser. Pour être complet, j’avais auparavant une autre chaîne, qui devait dater en gros des débuts de YouTube, que j’ai dû fermer il y a déjà pas mal de temps.
J’ai donc refait l’habillage de la chaîne, je l’ai nettoyée des vieilles vidéos moisies sans aucun intérêt qui traînaient encore, en n’en gardant que quelques-unes que j’estimais à peu près regardables (et qui cumulaient quand même quelques dizaines de milliers de vues). Je l’ai renommée “L’instant VE”, et roulez jeunesse.
Côté matériel, ma passion pour la captation avec smartphone n’a pas faibli, et je me refuse donc à utiliser toute autre forme de caméra ou appareil-photo. L’iPhone 15 Pro a parfaitement fait le job pendant un an, jusqu’à ce que je le remplace par l’iPhone 17 Pro et sa nouvelle caméra selfie encore plus qualitative.
Selon mon humeur du moment et le créneau de temps dont je dispose, j’utilise un setup assez magique composé donc de mon iPhone, relié en filaire à mon PC à une application absolument fabuleuse que j’utilise depuis plusieurs années et qui n’est pour autant pas très connue : Camo Camera. En gros, elle transforme votre téléphone (et d’autres devices référencés) en webcam, mais avec en plus tous les réglages possibles et imaginables pour en faire un vrai studio de captation et diffusion vidéo. On peut s’en servir pour faire des visios, des Live, et aussi bien sûr pour enregistrer directement ses vidéos sur son PC. J’ajoute à cela un téléprompteur sur trépied auquel je fixe mon téléphone, une lampe LED réglable en intensité et en chaleur, et c’est prêt

La variante, quand j’ai la flemme de tout installer : je pose simplement mon téléphone sur un trépied, et j’utilise une application intégrée de téléprompteur qui affiche le texte de mon script en transparence sur l’écran pendant que je parle à la caméra frontale du téléphone, ce qui me permet de me voir en même temps. Dans ce cas, le capteur de la caméra selfie est moins qualitatif que celui du dos de l’iPhone (18 Mpx au lieu de 48), mais ça fait largement le job car on est quand même en 4K, et à part sur très grand écran on fait difficilement la différence. Enfin j’utilise 5 applications/logiciels pour améliorer et faire le montage :
- L’outil d’édition natif de l’iPhone, très largement sous-coté, et qui fait déjà beaucoup de choses, notamment pour redresser et recadrer l’image
- CapCut pour améliorer la définition et lisser quelques imperfections (et pour me rajeunir haha)
- Wondershare Filmora pour le montage (le logiciel est bien, mais je déconseille en raison des pratiques commerciales abusives de cette boîte, à éviter)
- Adobe Podcast Enhance Speech pour améliorer la voix si j’ai un peu d’écho ou de saturation (mais ce n’est pas systématique). Si vous ne connaissez pas, essayez, ce truc est une véritable tuerie pour transformer n’importe quelle interview merdique enregistrée au fond d’un hall de gare en pépite de studio
- Photopea pour la création des miniatures YouTube (c’est une sorte de Photoshop dans le navigateur)
Mon objectif en termes de temps consommé par la production d’une vidéo, de l’écriture du script à l’enregistrement et à la publication est que cela ne me prenne pas beaucoup plus qu’une grosse demi-journée tout compris.
La première vidéo a été publiée en octobre 2024, et j’ai maintenant assez de recul pour partager quelques chiffres avec une certaine représentativité :
- Nombre de vidéos publiées depuis octobre 2024 (hors shorts) : 56
- Nombre moyen de vidéos par mois : 4,3
- Audience cumulée sur 1 an : 588 871 vues
- Nombre moyen de vues par vidéo : 10 515
- Audience mensuelle moyenne : 49 072 vues
- Durée moyenne d’une vidéo : 9mn15
- Durée moyenne de visionnage par vidéo : 3mn54
- Vidéo la plus vue : 281 932 vues
- Vidéo la moins vue : 882 vues
- Nombre d’abonnés au lancement de la chaîne : 50 (plus ou moins)
- Nombre d’abonnés au 20/11/2025 : 4 639
- Revenus générés par la chaîne sur 1 an (100% Google Ads) : 1 510,44 €
Comme vous pouvez le constater, les chiffres sont très loin du blockbuster, mais ils sont encourageants, et très sincèrement j’ai été plutôt agréablement surpris, car quand j’ai relancé cette chaîne je m’attendais à faire au mieux quelques centaines de vues par vidéo. Or on est plutôt sur une moyenne de 10 000.
Mais ces chiffres font aussi le grand écart, et une seule vidéo représente 50% de toute l’audience annuelle, avec un sujet d’actualité très chaud et clivant et un angle original. Ce qui est donc un peu un “succès” en trompe-l’œil.
Autre remarque, la durée moyenne de visionnage par vidéo, qui est de 40% du temps total. Cela peut paraître peu, voire un peu frustrant, mais c’est dans la moyenne, et plusieurs minutes sont déjà très bien quand on sait que l’attention est ce qui est aujourd’hui le plus difficile à capter. Arriver à retenir une audience plus de quelques secondes sur les réseaux sociaux est presque devenu un exploit, et YouTube montre que l’engagement sur sa plateforme est non seulement fort, mais qualitatif. Le nombre moyen de commentaires sous chaque vidéo en atteste, ainsi que le nombre de Likes. Autre phénomène intéressant en cette ère de l’éphémère, les vidéos YouTube durent dans le temps, et continuent à engranger des vues pendant des mois, voire des années, contrairement à Instagram ou TikTok, ou l’engagement flambe pendant quelques heures et s’éteint après un ou deux jours dans le meilleur des cas.
Concernant les revenus, il faut en déduire que si vous voulez vivre d’une chaîne YouTube, il faudrait que l’audience soit au moins 20 fois supérieure, autrement dit que chaque vidéo publiée tape au moins les 200 000 vues. Ensuite, il vaut mieux être sur un créneau porteur en termes de budgets publicitaires et de revenu au clic, ce qui est le cas de l’automobile. Avec la même audience, une chaîne sur le développement personnel ou la philatélie ne rapporterait probablement que quelques euros. Mais il y a d’autres sources de revenus, comme les sponsors directs et le placement de produit (déclaré comme tel) pendant les vidéos. Je suis surpris d’être déjà très fréquemment sollicité, avec de belles offres, mais je ne me sens pas encore prêt pour l’accepter. D’une part ce n’était pas l’objectif au lancement de cette chaîne (même si on ne crache jamais sur l’opportunité d’arrondir ses fins de mois sans travailler plus), d’autre part je préfère avoir une audience plus importante et surtout stabilisée pour commencer à répondre à ces offres, d’autant que pour le moment je ne me sens pas spécialement à l’aise pour faire du placement de produit au milieu de mes vidéos. Mais cela viendra certainement…
Enfin, concernant le nombre d’abonnés, passer de presque zéro à 4600 en 100% organique en un an est satisfaisant, mais cela reste très insuffisant. Cela étant, le nombre d’abonnés est plutôt une sorte de vanity metric, car cela ne signifie pas grand chose quand on sait que plus de 90% de l’audience ne provient pas d’eux, mais de nouveaux spectateurs qui ont découvert votre vidéo par recommandation. Alors bien sûr, il est probable que plus vous avez d’abonnés, et plus l’algo YouTube vous pousse en recommandation, mais ce n’est pas certain. Depuis quelques mois, YouTube recommande sur sa page d’accueil de petites chaînes avec quelques centaines d’abonnés.
Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant, et comment vois-je les prochaines étapes ? Il me reste évidemment plein de points à améliorer, notamment en travaillant un peu plus le montage, mais j’avoue que si certains adorent cela, pour moi c’est plutôt une corvée que j’aurais plutôt tendance à détester. Je dois également davantage travailler mes miniatures et mes titres, qui sont vraiment le nerf de la guerre. Pour cela j’essaie de m’initier au bon gros putaclic, mais j’ai encore un peu de mal ! En conclusion, c’est une expérience intéressante dont la portée m’étonne un peu, et qui m’incite à continuer. Prochain objectif : atteindre 10 000 abonnés rapidement et une audience stable par vidéo d’au moins 20 000 vues. Tu l’as compris : il reste de la place pour toutes celles et ceux qui ont des choses à dire, à partager, avec peut-être au bout de belles surprises, en audience et en élargissement de son réseau professionnel. Si ça te démange, lance-toi, il y a plein de façons de le faire !
Voilà, maintenant il ne me reste plus qu’à faire comme tous les YouTubeurs : t’inviter à t’abonner, activer les notifications, et poser quelques likes : https://www.youtube.com/@ericdupin-electromobiliste/videos
Merci !
PS : aucun lien n’est sponsorisé dans cet article